Perdre du poids : ce moment précis où faire du sport change tout

Vous hésitez entre vos baskets à l’aube ou une séance nocturne après le boulot ? Vous n’êtes pas seul… et la science commence à tirer le fil d’une question longtemps laissée en suspens : le moment où l’on fait du sport changerait-il vraiment la donne pour la perte de poids ? Spoiler : il se pourrait bien que oui, mais pas forcément comme on le croit !

Quand faire du sport : le timing, cette nouvelle variable brûle-graisses ?

Si pour certains, faire du sport c’est déjà un exploit digne d’une médaille, d’autres cherchent surtout à optimiser leur effort (autant souffrir avec un maximum de bénéfices). Or, une étude publiée le 13 février 2023 dans le très sérieux journal scientifique Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) commence à semer le doute sur nos habitudes sportives : faire du sport matin ou soir, ce n’est peut-être pas tout à fait la même histoire quand il s’agit de brûler des graisses.

Des chercheurs suédois et danois, des spécialistes de la question (Institut Karolinska et Université de Copenhague), ont voulu comprendre comment l’horaire de la séance d’exercices agit sur le métabolisme du tissu adipeux – comprenez, la fameuse graisse qui fait de la résistance. Leur verdict, observé chez nos amies les souris ? L’activité physique en début de journée aide leur métabolisme à mieux « brûler » les graisses.

Horloge biologique et gènes en mode brûleur de graisse

On sait que notre organisme – et celui de la plupart des êtres vivants – a son propre rythme, calé sur son horloge dite circadienne. C’est ce fameux cycle de 24 heures qui règle tout : sommeil, cœur, température, hormones… et brûlage de calories ! Cette horloge s’adapte selon l’état énergétique des cellules et se laisse influencer par nos repas et, bien sûr, par notre sport quotidien.

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En décortiquant les graisses de souris sportives à différents moments, les chercheurs ont noté que l’exercice au début de la phase active (en clair : le matin, pour nous humains) dope la production de gènes liés à l’utilisation de l’énergie pour la chaleur et à l’activité des mitochondries dans le tissu adipeux. Dit autrement, le métabolisme s’affole (dans le bon sens) et le corps carbure davantage sur ses réserves.

Le professeur Juleen R. Zierath (Karolinska), n’y va pas par quatre chemins : « Nos résultats suggèrent que l’exercice en fin de matinée serait plus efficace, en termes de stimulation du métabolisme et de combustion des graisses, que l’exercice en fin de soirée. Cela pourrait être utile pour les personnes en surpoids. »

Des souris aux humains : gare aux raccourcis, mais des pistes prometteuses

Une souris qui court, ce n’est pas un humain… même si côté génétique, on partage pas mal de points communs. Lucile Dollet, biologiste à l’Université de Copenhague et coautrice de l’étude, rappelle que « les modèles de souris aident à comprendre ce qui se passe au niveau moléculaire : on retrouve les mêmes gènes et hormones qu’on retrouve chez l’homme ». Mais attention, la souris vit la nuit et mange différemment de nous, alors pas question de copier-coller les résultats.

N’empêche, ces études en laboratoire ouvrent de vraies perspectives pour mieux cerner le fonctionnement de notre gras (oui, même celui qui refuse de bouger malgré les squats !). D’autant que d’autres travaux, comme une étude américaine menée sur 30 femmes et 25 hommes (publiée en 2022 dans Frontiers in Physiology), vont dans le même sens : chez les femmes testées, l’exercice matinal a réduit la graisse abdominale, baissé la pression artérielle et boosté les muscles. Si ce n’est pas une raison de (re)mettre son réveil…

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Un terrain complexe : chronobiologie, individualité et bonnes habitudes

Ne rangez pas encore votre tenue de sport du soir ! La chronobiologie – la science qui étudie le rythme de l’organisme – a encore bien des mystères à percer sur les retombées métaboliques du sport selon le moment choisi. Chaque individu présente ses propres variations dans ses gènes et dans ses organes, ce qui rend la question… tout sauf simple.

On sait aussi que ce n’est pas juste une affaire d’être à jeun ou repu : dans chaque cellule, la petite horloge fait son boulot indépendamment. Pour peaufiner nos programmes sportifs, la spécialiste préconise d’étudier des entraînements sur la durée, car une seule séance ne raconte pas toute l’histoire.

Que retenir, alors, pour celles et ceux qui alternent yoga, muscu ou running ? Voici l’essentiel :

  • Le rythme biologique influence le métabolisme et la manière dont notre corps utilise ses réserves.
  • Des indices suggèrent que le sport du matin serait potentiellement plus efficace pour brûler les graisses, du moins chez la souris… et peut-être chez certains humains.
  • Mais les différences individuelles restent majeures, et il existe autant de bons créneaux que de sportifs motivés !

Conclusion : que vous soyez du matin ou du soir, le principal reste de bouger, régulièrement et avec plaisir – c’est votre horloge interne (et votre santé) qui vous dira merci !

Laure partage sa passion pour la course à pied et l’univers du running. Amatrice de sorties matinales comme de défis sur longue distance, elle explore équipements, conseils et tendances. Son objectif : vous accompagner dans votre pratique, quel que soit votre niveau.

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