Préparez vos baskets… ou pas ! Car une révélation venue tout droit de Harvard risque de semer la panique dans les vestiaires : les humains ne seraient tout simplement pas faits pour courir ! Alors, footing dominical ou sieste devant Netflix, qui a raison ?
Le sport : une nouvelle religion ?
Nos sociétés occidentales élèvent le sport au rang de valeur suprême. Avec l’apparition des emplois toujours plus sédentaires, on se voit sans cesse rappeler qu’il faut bouger. Il est vrai que l’activité physique apporte de nombreux bénéfices pour la santé. Le problème ? Ce culte du sport finit par stigmatiser celles et ceux qui préfèrent l’oisiveté (ou le tricot, c’est selon). Pourtant, il est crucial d’écouter ce que la science sérieuse a à dire pour équilibrer les discours et, peut-être, déculpabiliser quelques joggeurs du dimanche (ou les adeptes du canapé).
Harvard à la rescousse des sédentaire·s : le point de vue de Lieberman
Daniel E. Lieberman, professeur en biologie de l’évolution à Harvard, s’est attaqué au mythe du sport comme clé essentielle d’une vie saine. Dans son livre, “Exercised”, il détaille pourquoi, selon lui, l’idée d’un entraînement physique continu n’est pas fondée sur l’évolution. Le sous-titre évocateur du livre ? “Pourquoi une activité pour laquelle nous n’avons jamais évolué est saine et gratifiante”.
Lieberman ne dit pas de vous transformer en statue vivante : il ne préconise à aucun moment de sombrer dans la sédentarité (la science est descriptive, pas prescriptive !). Mais il remet en cause l’idée que nous serions naturellement programmés pour multiplier les burpees et avaler les kilomètres de running.
- Pas de preuve scientifique que l’humain serait fait pour le sport.
- Nos corps auraient évolué autrement, loin des marathons hebdomadaires.
- Les bienfaits de l’activité physique sur la santé restent, bien entendu, réels.
Évolution et juste dosage : Marcher, c’est gagner
Pour Lieberman, l’évolution ne nous a pas façonnés en athlètes professionnels, encore moins en coureurs nés. Pendant des millénaires, homo sapiens passait beaucoup de temps assis ou allongé à discuter, raconter des histoires ou bricoler des outils, et cela a davantage contribué à notre domination sur la planète que notre capacité à sprinter.
Il nuance cependant : oui, nos ancêtres étaient capables de marcher sur de longues distances, jusqu’à 12 kilomètres par jour pour trouver à manger. Mais il s’agissait de marche, pas de running. Selon lui, la marche est naturellement bien plus adaptée à notre physiologie, et l’exercice n’a pas besoin d’être extrême pour nous faire du bien. Parfois, marcher un peu plus chaque jour – par exemple, sortir une station de métro plus tôt – suffit à tirer des bénéfices considérables.
A contrario, il tire la sonnette d’alarme : un excès de sport pourrait devenir nocif. Aujourd’hui, beaucoup cherchent à repousser toujours plus loin leurs limites. Or, la clé serait dans la régulation et la modération : pratiquer oui, mais pas à outrance. Nul besoin de s’imposer une séance chaque jour ; le secret réside dans l’équilibre !
Pourquoi notre cerveau préfère économiser l’énergie
Selon Lieberman, notre instinct d’économie d’énergie est profondément ancré. Il explique sans détour : “Comparé à d’autres mammifères, l’Homme a sûrement évolué pour être particulièrement réticent à faire de l’exercice”. La raison ? Le métabolisme basal, ou métabolisme de base, qui consomme déjà une bonne partie de notre énergie rien qu’en veillant à la circulation sanguine, la régulation de la température… et bien sûr, les activités cérébrales – qui sont loin d’être de tout repos ! Pour une personne de 82 kg, cela représente autour de 1 700 calories par jour, même sans bouger.
D’où l’intérêt, selon l’auteur, de ne pas diaboliser la position assise. Elle fait partie de la vie humaine ! L’astuce serait simplement de ne pas rester plus de 45 minutes d’affilée sur sa chaise et d’éviter les sessions marathon de trône toute la journée.
- Limiter les périodes assises à 45 minutes maximum, puis se lever.
- Marcher chaque jour, avec un objectif raisonnable : 7 000 pas selon Lieberman (désolé, la légende des 10 000 pas prend un coup !).
En résumé ? Pas besoin de courir comme si un mammouth vous tenait la jambe pour rester en forme. Avec modération, le sport est bel et bien un allié, mais inutile d’en faire trop. Prenez une bonne dose de marche, bougez un peu au quotidien, et surtout, souvenez-vous : nos ancêtres n’avaient pas d’abonnements à la salle, et ils s’en sortaient pas si mal…
Pour les curieux et les motivés du débat, la lecture intégrale de “Exercised” promet bien d’autres surprises. Alors, prêt à marcher plutôt qu’à courir ?

Laure partage sa passion pour la course à pied et l’univers du running. Amatrice de sorties matinales comme de défis sur longue distance, elle explore équipements, conseils et tendances. Son objectif : vous accompagner dans votre pratique, quel que soit votre niveau.






