“Trop gros pour courir” : comment Vincent Machet a défié tous les pronostics

Vincent Machet, 52 ans, 150 kg, Marseillais d’adoption et « athlète de gros niveau » – non, ce n’est pas le pitch d’une comédie française, mais l’histoire vibrante et sans filtre d’un homme qui court contre tous les pronostics et ses propres démons. Derrière une silhouette qu’il ne cherche plus à camoufler, il y a une force mentale brute, nourrie aux échecs, à la résilience, et surtout à cette soif de défi qui fait démarrer au quart de tour même les hanches qui crissent…

La course, une histoire d’exutoires

Vincent Machet n’a jamais demandé à la vie d’être facile. Fils d’un footballeur, il fait ses classes à 15 ans sur les terrains de Marseille, stoppeur « évidemment » vu sa morphologie, attaquant au rugby (mais principalement sur sable, on précise !). Mais ce n’est pas là qu’il trouve son ivresse. Sa révélation, c’est la course à pied. Bizarre, non ? Surtout pour un ado essoufflé, dernier du peloton, et à qui le « second souffle » arrive toujours en retard.

Pourtant, après quinze ou vingt minutes de souffrance, voilà que le plaisir débarque, franchement, sans prévenir. Les endorphines, la liberté, un osmose rare entre le corps et l’esprit. Vincent le dit lui-même :

  • L’effort devient un moment de bien-être total.
  • Courir est un combat contre soi, entre brutalité et lâcher-prise.
  • La jouissance naît précisément de cette dualité.

Un terrain de dépassement qui deviendra tour à tour une échappatoire face à une histoire familiale marquée de drames : la maladie mentale de sa mère, le décès soudain de son père. Mais la course, loin d’aplatir ses contradictions, les sublime. « J’ai la part sombre qu’avait ma mère, je l’ai acceptée », confie-t-il sans détour. Il aime cette complexité, et prend même le pseudo « Vince Vador » sur la toile – clin d’œil savoureux à sa propre dualité.

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Bien plus qu’un poids : le défi permanent

Courir quand on pèse 150 kg, voilà qui fait lever quelques sourcils. Mais pour Vincent, son poids, c’est presque une philosophie de vie. Il ne s’en préoccupait guère ado. Plus tard, il prendra parfois 25 kg en deux mois, poussé par ce « diable dans son esprit » – l’impulsivité de la boulimie et la recherche du plaisir autour d’une table, en famille ou entre amis. Pourtant, il revient toujours se frotter à ses limites, cherchant ce poids de forme si particulier « d’athlète de gros niveau ».

Rien de facile : le démon rongeur n’est jamais très loin, même entre deux moments heureux ou lors des préparations physiques qui en font transpirer plus d’un. « Ils sont rares les moments où je suis complètement en paix avec moi-même », admet-il, lucide, mais jamais totalement abattu.

Des courses, des racines et un marathon américain

La course entre Marseille et Cassis : pour certains, une sortie du dimanche ; pour Vincent, une odyssée. C’est la course de la maison, le premier grand défi sportif, chargé de souvenirs de randos familiales dans les calanques avec son père. Une route sublime pour un parcours initiatique.

Mais il n’y a pas que les kilomètres qui comptent, il y a aussi leur histoire :

  • Le marathon de New York, couru à 40 ans, prolonge le rêve américain de sa mère et des photos qu’elle ramenait enfant.
  • D’autres défis sont ancrés dans la montagne, là où son père l’emmenait plus jeune.
  • Le marathon de Paris ? Incontournable, car il est né là-bas.
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Sa pratique sportive est ainsi intimement liée à sa vie, sans pour autant devenir une quête de pèlerin. « New York, c’était aussi le marathon qui attire tout le gratin », confie-t-il, avouant son bonheur sans détour, mais sans fierté excessive : « Je finis quand même souvent dernier, ce qui n’est pas toujours bon pour l’estime de soi. »

Coureur ordinaire, résilience extraordinaire

Pas question de fanfaronner. Vincent ne se considère pas comme un athlète de haut niveau :

  • Ses charges d’entraînement sont conséquentes, mais « rien d’extraordinaire » selon lui.
  • Loin du top 5 de l’Ultra Trail du Mont Blanc, il court souvent en queue du peloton.
  • L’expérience de la voiture-balai lui fait croiser autant de vrais champions dans la douleur : personnes en rémission de cancer, handicapées, tous résilients à leur manière.

Il trouve la notion de champion « vachement galvaudée » mais reconnaît combien il est précieux d’être admiré et reconnu pour sa ténacité.

Avec l’âge, Vincent admet que le temps travaille contre lui. À 52 ans, les hanches craquent, les genoux grincent, il se prépare à l’idée – pas réjouissante – de peut-être un jour devoir troquer la course contre la marche ou le vélo. Mais ce n’est pas pour tout de suite : « Dans ma tête il y a Marseille-Cassis l’année prochaine, il me reste un an pour me préparer. Je ne retrouve pas dans la marche le plaisir que j’ai en courant. »

Leçon à tirer ? Il y a toujours une marée de bonnes raisons de ne pas courir. Vincent Machet, lui, en a trouvé une seule de ne jamais s’arrêter : le plaisir. Tant que les jambes acceptent de suivre, la ligne d’arrivée reste un horizon ouvert.

Laure partage sa passion pour la course à pied et l’univers du running. Amatrice de sorties matinales comme de défis sur longue distance, elle explore équipements, conseils et tendances. Son objectif : vous accompagner dans votre pratique, quel que soit votre niveau.

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