Vous pensez que l’essentiel, c’est de suer au moins une fois par semaine, quelle que soit l’heure ? Et si votre créneau favori sabotait en douce vos efforts sportifs ? Attention, petite erreur de timing peut faire basculer la balance… et pas toujours dans le bon sens !
Matin ou soir : quand le sport fait vraiment la différence
L’existence d’un lien entre activité physique et bonne santé ne surprend plus grand monde. Comme à peu près tout – y compris la raclette – l’exercice est excellent, si l’on sait rester modéré. Mais, chose moins connue, les effets du sport varient selon le moment de la journée où l’on s’y met. Si vous souhaitez optimiser votre séance, il est utile de connaître le temps nécessaire pour brûler des graisses.
Que se passe-t-il réellement ? Pratiquer le sport le matin joue surtout sur le métabolisme immédiat des sucres et des graisses : certains gènes s’activent dans vos cellules musculaires, déclenchant cette fameuse combustion que les affiches de salle de sport nous promettent. À l’inverse, bouger le soir booste la dépense énergétique globale du corps – et ce, dans la durée. Autrement dit, on ne brûle pas juste des calories au moment présent, on enclenche une sorte de chauffage central prolongé. Le secret est donc plutôt dans la pendule que dans la paire de baskets !
Une enquête inédite sur le timing de l’exercice
Afin de mieux cerner cette énigme du “quand bouger”, une équipe internationale de chercheurs a mené une étude considérée comme la plus complète à ce jour. Publiés dans la revue Cell Metabolism le 13 janvier, leurs travaux constituent ni plus ni moins qu’un atlas du métabolisme activé par le sport. Le résultat ? Selon l’heure de l’activité, le corps produit différentes molécules de signalisation, bénéfiques pour la santé et propres à chaque organe. Connaître le moment optimal pour faire du sport peut ainsi maximiser ses bienfaits.
- Ces signaux, aussi nombreux que variés, impactent le sommeil, la mémoire, la performance et la régulation (l’homéostasie) du métabolisme.
- Ils diffèrent, selon que vous soulevez des haltères à l’aube ou filez courir la nuit tombée.
Au début chapeautée par Paolo Sassone-Corsi, spécialiste de l’épigénétique et des rythmes circadiens affilié à l’Inserm, puis reprise par Juleen R. Zierath (biologiste du diabète à l’Université de Copenhague), la recherche s’est concentrée sur des petits êtres (des souris) soumis à des séances équivalentes à 6h du matin ou à 22h pour un humain.
L’organisme, un orchestre finement réglé… par l’horloge
Les scientifiques ne se sont pas arrêtés à chronométrer les tours de roue de leurs protégées. Ils ont analysé leur sang, leur cerveau, leur cœur, leurs muscles, leur foie et leur graisse – rien que ça ! Dans chaque organe, ils ont détecté une multitude de métabolites et molécules hormonales, pour suivre leur évolution en fonction du créneau sportif choisi.
L’étude éclaire comment les tissus du corps communiquent pendant et après l’activité physique, et jusqu’où le sport peut impact du sport sur les rythmes circadiens (notre horloge interne) parfois déréglés. Un détail loin d’être anodin puisque ce fameux déréglage augmente les risques d’obésité et de diabète de type 2.
- Mieux, l’équipe a mis au jour de nouvelles molécules de signalisation produites par l’exercice dans de nombreux tissus.
- Ces pistes offrent de nouvelles manières de maximiser les bénéfices du sport – singulièrement chez les personnes les plus à risque de troubles métaboliques.
Conclusion : la vigilance, c’est maintenant (ou ce soir…)
Faut-il se lever avec le soleil ou préférer la lune pour tirer le meilleur du sport ? La réponse dépend autant de vos objectifs que de votre organisme. Le timing parfait ? Il reste à affiner selon chaque profil, grâce à ces découvertes. Ce qui est sûr : intégrer la notion d’horloge interne, c’est donner à ses efforts sportifs une toute nouvelle dimension. Et éviter que, par simple manque de timing, tous ces efforts sués ne partent… en fumée !

Laure partage sa passion pour la course à pied et l’univers du running. Amatrice de sorties matinales comme de défis sur longue distance, elle explore équipements, conseils et tendances. Son objectif : vous accompagner dans votre pratique, quel que soit votre niveau.






